Seul-en-scène
Un appartement semé d’escabeaux et de cadres brisés. Étienne, costume noir, se tient en haut d’un escabeau, une cravate si longue qu’elle remonte jusqu’aux cintres : il veut sauter, mais aucun briquet ne marche et chaque saut le repose sur ses deux pieds. Chez lui a surgi une inconnue en robe échancrée, qui se sert son whisky, fume une cigarette allumée on ne sait comment et ne répond que par des phrases tirées d’un livre. Entre deux comptes à rebours, Étienne rouvre ses tiroirs : le père pied-noir, « mètre cube » de colère rentrée qui ne finissait aucune phrase, à commencer par « à 3, si t’as pas fini ta soupe… » ; ses années de « Kasparov de l’infidélité » ; le Saint-Joseph blanc du premier soir avec celle qui a épuisé sa réserve de pardons ; la lettre d’adieu à Mme Da Costa, la concierge ; la corde offerte par un voisin bricoleur, « fabrication allemande » ; la boîte vide des petits cachets. Il plaide contre lui-même, boxe l’engagement comme un champion de l’esquive, et cherche d’où viennent les citations de l’inconnue.
- Distribution : 1 comédien
- Âges des rôles : de 45 à 55 ans
- Durée : 1h
- Écrite en : 2024
Personnages
- Étienne, 45-55 ans, seul en scène
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