La paresse, la rêverie et Cie

Salut la Cie,

J’aime vraiment beaucoup. Mais alors VRAIMENT, quand tu réagis à mes billets. A mes humeurs, à mes coups de cœur, à mes angoisses, mes questions ou alors quand je te tiens simplement informé de mon actualité. Continue, n’hésite pas, cet espace – et celui à venir pour les futurs abonnés – est fait pour cela et rien ne me fait plus plaisir que d’échanger avec toi.

Récemment, j’ai écrit dans un article que j’étais un âne, un paresseux. J’ai été amusé des retours que ce mot à suscité. Sous prétexte que j’ai écrit 73 pièces (et quelques scénarios et quelques 200 chansons toutes plus ridicules les unes que les autres et quelques poèmes d’une rare naïveté, plus une centaine de lettres d’amour dont une m’a été retourné corrigée en rouge avec la stipulation « je ne fréquente pas les illettrés »), je ne serais pas un fainéant.

C’est pas faux.

Pour ne pas dire que c’est vrai.

Mais c’est un peu plus nuancé. Comme tout bon schizophrène qui se respecte, il faut une bonne dose de contradiction. La mienne se tient en deux mots : bélier & capricorne. D’un côté, le signe du soleil qui, lorsqu’il voit un mur, ne peut pas s’empêcher de penser qu’il peut passer à travers en allant très vite (sans, bien sûr, regarder qu’il y a un porte ouverte à côté). De l’autre côté, l’ascendant, froid, ambitieux, méthodique. Autant dire que vivre au quotidien là-haut, c’est comme vouloir aller prendre un mojito à Copacabana et se retrouver en aller simple dans « Vol au-dessus d’un nid de coucou ».

Alors, oui, je suis d’accord, l’un ou l’autre, c’est censé être des bosseurs, à la méthode diamétralement opposée, mais des bosseurs. Le seul moyen, le seul terrain d’entente pour éviter qu’ils s’engueulent, c’est donc la paresse. Alors, attention, chez moi, dans la paresse, il n’y a aucun ennui, je ne suis même pas sûr d’avoir éprouvé une seule fois l’ennui. Je sais que mon camarade auteur Nicolas Maury, ne voit que des vertus à l’ennui. Pour ma part, je suis un peu trop habité pour que ça m’arrive. Mon activité préférée, c’est la rêverie.

Alors, forcément, oui, c’est de l’exagération que de dire que je suis fainéant. En réalité, je suis fainéant qui s’ignore. Mais je suis un âne, ça oui. Si j’ai pas une carotte pour me faire avancer, rien à faire, je reste à quai. Mon cerveau doit me faire remuer ça devant moi. Et donc, comment je fais pour écrire si vite ? Parce que j’ai justement envie de retourner à ma paresse le plus rapidement possible. Et puis jouer, lire de comics, et user Netflix ou Youtube.

Je sais bien ce que tu te dis, que j’assimile la paresse à la rêverie. Alors que la rêverie, c’est souvent de la création et non pas de la paresse. Mais venant d’une famille où les gens travaillent davantage avec leurs mains qu’avec leur cortex, de ne pas être toujours au four et au moulin me donne le sentiment que j’en fous pas une. C’est ainsi. Et pour me punir de ne pas assez travailler, quand je m’y mets, je triple la dose.

Et puis je retourne à ma paresse/rêverie. Au fond, cette dualité est encore liée à ces deux entités qui me guident.

Oui, dedans, c’est une lutte. Et c’est JAMAIS serein.

Hum…

Je vous dois combien ?

Auteur : Lilian Lloyd

Auteur, metteur en scène, scénariste, comédien, compositeur pas encore mort (1973-2000 et des poussières)

4 commentaires

  1. 73 pièces ? De 100 sous ? Moi ma dernière a eu un succès fou auprès de ses 14 auditeurs (recensés à défaut d’être sensés)

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